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Eurostar : Paris ne digère pas l’échec d’Alstom

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TGV . Sous la pression, la SNCF a fait démissionner ses administrateurs de la société franco-britannique.

Publié le 11/12/2010 à 0h00

Le pataquès Eurostar vire à l'absurde. La SNCF a fait démissionner ses deux représentants au conseil d'administration d'Eurostar, qui est pourtant sa filiale à 55%. Un acte rarissime, qui revient pour la SNCF a s'énerver contre elle-même. Comme l'a révélé vendredi le Financial Times, ce retrait date du 3 décembre, quelques heures avant qu'Eurostar signe le contrat d'achat de 10 TGV à l'allemand Siemens au détriment du français Alstom, jusqu'ici fournisseur exclusif de la SNCF.

Furieux, le gouvernement français avait demandé l’annulation de la commande, car les rames Siemens n’ont pas le droit de circuler dans le tunnel sous la Manche, à cause d’une technologie (les moteurs sont sous les wagons) jugée moins sûre en cas d’incendie.

Vu les intenses pressions politiques dans ce dossier, l’entreprise publique se refuse à tout commentaire depuis l’annonce de la commande en octobre. Son comportement est d’autant plus étrange que selon nos informations, la SNCF soutient la victoire de Siemens. Contre l’avis de son ministère de tutelle.

Reste l'hypothèse que l'entreprise publique s'est fait forcer la main par le gouvernement. Le retrait des administrateurs semble en tout cas être un message envoyé par l'Etat à la Grande-Bretagne et à l'Allemagne, qui ont tous deux dénoncé le protectionnisme français. La question a d'ailleurs été évoquée vendredi par les ministres des Transports français et allemands en marge du sommet Sarkozy-Merkel. «On communiquera lorsqu'on aura résolu l

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