Appât du gain, mépris des cadres, et volonté farouche d'échapper à l'impôt. C'est ainsi qu'Arnaud Desclèves, ancien directeur juridique de la holding d'investissement Wendel, décrit aujourd'hui ses patrons, qu'il a assignés en justice : Jean-Bernard Lafonta (ex-président du directoire), Bernard Gautier (directeur financier) et le baron Ernest-Antoine Seillière (président du conseil de surveillance), ancien président du Medef et figure de la famille Wendel, ces 900 héritiers qui contrôlent l'entreprise. Une première audience de procédure s'est tenue hier au tribunal de commerce de Paris, qui doit examiner les arguments de la défense le 24 janvier. Contacté par Libération, Wendel n'a pas souhaité commenter.
En cause : le très généreux et controversé plan d’intéressement du management mis en place chez Wendel en 2007. Comme les autres cadres, Arnaud Desclèves se voyait riche à millions. Il se retrouve aujourd’hui ruiné, comme cinq de ses anciens collègues. Et accuse Lafonta, Seillière et Gautier d’avoir sacrifié les cadres salariés pour préserver leurs profits et se protéger du fisc.
Ses révélations sur l'arrière-cuisine de Wendel pourraient intéresser le juge Renaud Van Ruymbeke, en charge de l'enquête judiciaire pour «abus de bien sociaux» lancée suite à une plainte de Sophie Boegner, la cousine Wendel qui a dénoncé le montage.
Tout commence en 2004, lorsque les dirigeants obtiennent le droit de racheter à prix d’ami 2,55 millions d’actions Wendel (4,7% du grou




