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Des patrons libérés des brimades de Ben Ali

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Corruption, taxes abusives, intimidations… Deux chefs d’entreprises détaillent les méthodes de l’ancien régime.

Publié le 08/02/2011 à 0h00

L'économie tunisienne a pâti de l'ère Ben Ali. «La corruption, le népotisme, la prédation, l'absence de respect des règles de droit, l'imprévisibilité de la justice ont considérablement porté atteinte au climat des affaires et à l'incitation à investir», affirme Mahmoud ben Romdhane, professeur d'économie à l'université de Tunis, et l'un des dirigeants du Ettajdid (ex-parti communiste). Particulièrement touchées, les entreprises privées. «L'un des problèmes de la Tunisie est le manque d'investissements de leur part. Pour ne pas s'exposer aux appétits de la famille Ben Ali-Trabelsi, elles avaient recours à une forme d'autolimitation», explique Bertrand Furno, chef du service économique régional de l'ambassade de France. A sa décharge, «le privé était pressuré, poursuit Ben Romdhane. Il n'y a pas une entreprise qui n'ait pas été contrainte d'acheter du matériel pour le compte du RCD [le parti politique de Ben Ali, ndlr] ou de verser jusqu'à des centaines de milliers de dinars pour soutenir le Président lors des élections». L'un des outils de «pressurisation» était le fameux «2626», numéro de compte d'un soi-disant fonds de solidarité nationale auquel chaque salarié tunisien devait contribuer. Cette cagnotte aurait servi de caisse noire au régime Ben Ali. Paroles de patrons tunisiens.

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