Néjib Chebbi, leader historique du PDP (Parti démocrate progressiste), est le nouveau ministre tunisien du Développement régional. Il dresse un premier bilan de l’état du pays, après la révolution qui a provoqué la fuite du dictateur Zine el-Abidine ben Ali et la chute de son régime.
Avez-vous une estimation de l’impact de la révolution sur l’économie tunisienne ?
Il faut bien comprendre que cette période est révolutionnaire dans la mesure où tout éclate, tout explose en même temps. Et il n’y a pas que la tête de l’Etat qui disparaît, mais celle des entreprises publiques, des administrations, des grands complexes industriels. Il y a un mouvement de révolte contre tout ce qui symbolise la corruption, l’oppression. Et puis il y a des dégâts collatéraux. La population tunisienne a montré un grand esprit civique mais la machine économique s’est ralentie, certaines entreprises ayant cessé de fonctionner.
Pouvez-vous chiffrer le coût de ce mouvement ?
La première estimation des pertes est de 3 milliards de dinars [1,55 milliard d'euros, ndlr]. Mais il y a des effets qui viennent avec le temps. On peut donc l'estimer à terme à 5 milliards de dinars [2,58 milliards d'euros], soit grosso modo 4% du PIB. Il nous faut rattraper cette perte. La Tunisie est un pays très ouvert sur le plan économique. Près d'un million de Tunisiens, donc près de la moitié de la population, vit des échanges extérieurs, aussi bien dans le tourisme que dans l'industrie. Le maintien de la confiance de nos partenaires étrangers est très important. Heureusement, elle n'a pas été ébranlée, ils pensent au contraire que la s




