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Enquête

Ikea : le mythe du fondateur à peine entaché par son évasion fiscale

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La révélation des montages financiers du Suédois Ingvar Kamprad n’affecte pas sa popularité.

ParAnne-Françoise Hivert
Correspondante en Suède
Publié le 16/02/2011 à 0h00

Jusqu'où les Suédois sont-ils prêts à aller pour défendre l'icône Ingvar Kamprad, fondateur d'Ikea ? Une équipe de la télévision publique a enquêté pendant un an sur l'étrange montage financier autour du numéro 1 mondial de l'ameublement. Les journalistes ont découvert une organisation d'une grande opacité, avec des ramifications jusqu'au Liechtenstein. Bien mal leur en a pris. Les Suédois ont réagi par centaines pour dénoncer une «chasse aux sorcières». Olle Zachrison, chef des pages économie du quotidien Svenska Dagbladet n'est pas étonné : «Il n'y a aucun sujet qui provoque autant de réactions en Suède qu'Ikea ou Ingvar Kamprad.» Le 26 janvier à 20 heures, ils sont 1,5 million devant leur télé. Un record. Pendant une heure, les journalistes d'Uppdrag Granskning s'emploient à démonter un par un les mythes qui ont contribué au succès d'Ikea.

Boulettes. Sa nationalité, d'abord. Peu importe les façades jaunes et bleues des magasins ou les köttbullar (boulettes de viande) servies dans ses restaurants, cela fait des années que l'entreprise, fondée en 1943 dans le comté de Småland, n'est plus suédoise. Les activités de l'enseigne, ses magasins et ses usines, sont rassemblées au sein du groupe Ingka Holding BV, contrôlé par la fondation Stichting Ingka Foundation, installée aux Pays-Bas. La marque appartient à la compagnie hollandaise Inter Ikea Systems BV, dont la maison mère, Inter Ikea Holding SA, se trouve au Luxembourg.

Jusque-là, ri

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