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Le Brésil débordé par les investissements chinois

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ParChantal Rayes
SAO PAULO, de notre correspondante
Publié le 22/02/2011 à 0h00

«Après avoir acheté l'Afrique, les Chinois essaient d'acheter le Brésil.» Ex-ministre brésilien des Finances, l'influent Antônio Delfim Netto résume le malaise face à l'offensive chinoise dans la première économie d'Amérique latine. Non content d'avoir détrôné, en 2009, les Etats-Unis comme premier client des exportations brésiliennes, Pékin est devenu l'année dernière le plus gros investisseur étranger dans le pays. Les apports parviennent via des paradis fiscaux, tel le Luxembourg. Inexistants il y a dix ans, ces investissements se sont montés en 2010 à 17,2 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros). Ils visent le plus souvent la production des matières premières que Pékin a coutume d'importer du Brésil (minerai de fer, pétrole ou soja).

La Chine chercherait donc à garantir ses approvisionnements, en réduisant sa dépendance aux fournisseurs brésiliens. D'où la méfiance. D'autant que les sociétés chinoises qui rachètent mines de fer, gisements de pétrole ou terres arables sont publiques ou mixtes. «Obéissent-elles à une logique de marché ou à une logique d'Etat ? Ce n'est pas clair», note Sérgio Amaral, président du Conseil entrepreunarial sino-brésilien. Dans le doute, l'ex-président Lula a, en août, soumis à autorisation préalable de l'Etat l'acquisition de terres agricoles par des étrangers, et limité les superficies pouvant être acquises. Dilma Rousseff, qui lui a succédé en janvier, veut aussi restreindre les capitaux étrangers, dans le secteur min

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