Menu
Libération
Récit

Renault : l’histoire d’une enquête qui dérape

Réservé aux abonnés

Début janvier, le groupe mettait à pied trois cadres dirigeants pour espionnage. Aujourd’hui, les premiers retours judiciaires fragilisent les accusations du constructeur.

Siège de Renault à Boulogne-Billancourt le 11 janvier 2011. (© AFP Bertrand Guay)

Un auteur de roman policier aurait-il fait plus haletant que l'affaire Renault ? Pas évident. Plus les jours passent, plus la direction du groupe semble avoir été le jouet d'un affabulateur. Règlement de comptes interne ? Manipulation externe ? Pour l'heure, le mystère demeure. Mais chaque jour ou presque apporte son lot d'invraisemblances dans cette affaire qui touche l'état-major du quatrième groupe automobile mondial (avec Nissan), pas moins. Après que Libération a révélé, mercredi, que le numéro 2 du groupe, Patrick Pélata, a informé Matignon qu'il envisage désormais avoir été victime d'une manipulation, Renault a éprouvé le besoin de faire monter au créneau son avocat, Jean Reinhart. «Ce n'est pas une manipulation […]. On n'est pas dans ce cadre-là, pour l'instant, on n'a aucun renseignement qui concourt d'une façon ou d'une autre à dire que la thèse initiale, c'est-à-dire l'espionnage, n'existe pas», a-t-il fait valoir, hier, sur Europe 1. Le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, est venu lui prêter main-forte en déclarant que «l'enquête pour espionnage industriel» au préjudice de Renault «se poursuivait». Mais depuis qu'il a été révélé que, pour au moins deux des trois cadres dirigeants incriminés, les supposés comptes en Suisse n'existent pas, la piste d'un règlement de compte interne devient chaque jour un peu plus crédible. Retour sur une histoire dont John Le Carré aurait bien tort de ne pas s'emparer.

Dans la même rubrique