Jamais l’administration française n’avait été victime d’une telle opération d’espionnage informatique. Hier, par la voix de Patrick Pailloux, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), le gouvernement a reconnu que tout l’appareil d’Etat (c’est-à-dire l’Elysée, le ministère des Affaires étrangères et Bercy) avait été visé par cette attaque, tout en précisant que seul le ministère de l’Economie et des Finances avait été effectivement touché.
Pailloux assure ainsi que seuls 150 ordinateurs de Bercy ont été infiltrés «pendant plusieurs semaines», dont ceux de très hauts fonctionnaires. Cette version a pourtant été remise en question par plusieurs sources haut placées, contactées par Libération, qui assurent que l'Elysée et le ministère des Affaires étrangères avaient bien été piratés. Selon une de ces sources, au ministère de l'Intérieur, les intrus ont réalisé un «ciblage parfait de tous les fonctionnaires préparant le G8- G20», non seulement «au Trésor, mais aussi à l'Elysée et au ministère des Affaires étrangères». Plusieurs documents relatifs aux préparatifs du sommet du G20 auraient été ainsi détournés.
Lorsque les premiers soupçons d'attaque ont été détectés début janvier, Bercy a déposé plainte contre X pour «intrusion dans un système de traitement de données informatiques» auprès du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Celui-ci a aussitôt ouvert une enquête p




