Malgré leurs mégaprofits, les groupes du CAC 40 détruisent des emplois en France. Comme l'a révélé Libération en novembre, leurs effectifs dans l'Hexagone ont fondu de 44 000 employés entre 2005 et 2009, alors que l'ensemble du secteur privé a créé, dans le même temps, 200 000 emplois. Raison de ce dégraissage ? Nos cadors nationaux ne se considèrent plus comme français. Mais comme des multinationales qui «opèrent à l'échelle mondiale et arbitrent la localisation de leur production en fonction du dynamisme des marchés», dit l'économiste El-Mouhoub Mouhoud. Résultat : les groupes du CAC investissent à fond dans les pays émergents et réduisent les effectifs en France, où la croissance est faible et les coûts jugés trop élevés. «Mon job n'est pas de maximiser l'emploi en Europe», assène ainsi le patron d'Airbus, Thomas Enders.
La purge est particulièrement spectaculaire dans l’industrie, championne des délocalisations. Chez Michelin (- 5 000 emplois en cinq ans), on indique que les effectifs vont encore baisser, car c’est le seul moyen pour que les usines françaises restent compétitives. Renault (- 11 700 emplois) est tombé en 2010 sous la barre des 20% de voitures fabriquées en France. Il est frappant de noter que le grand plan 2010-2013 de la marque au losange, pourtant négocié avec son principal actionnaire, l’Etat, prévoit une nouvelle baisse des effectifs en France.
Pis encore, les destructions d'emplois touchent aussi certains groupes de services




