Menu
Libération

Système monétaire : Sarkozy drague Pékin en vain

Réservé aux abonnés

Finance. A Nankin, le président du G20 a plaidé pour rendre le yuan convertible, ce que la Chine refuse d’envisager.

ParPhilippe Grangereau
Envoyé spécial à Nankin
Publié le 01/04/2011 à 0h00

«Retour possible de la crise, volatilité des devises, creusement des équilibres, risque d'une guerre des monnaies, bulles financières, risque de pénurie d'actifs de réserves…» Hier à Nankin, dans son discours d'ouverture du séminaire du groupe des 20 pays les plus riches, consacré à la «réforme du système monétaire international», Nicolas Sarkozy a dressé un portrait apocalyptique de l'économie mondiale. Avec pour objectif de convaincre le G20 de démanteler le système de Bretton Woods, qui régit les échanges monétaires et financiers du monde depuis 1944, pour le remplacer par un mécanisme plus réglementé et plus stable, moins susceptible de générer des crises à répétition. Tout à la fois un travail de Sisyphe et une bataille de Don Quichotte pour l'audacieux Sarkozy, qui préside cette année le G20.

«Sakeqi». Le président français avait beaucoup insisté pour que la Chine populaire accueille cette réunion «de travail» - qui s'est tenue en présence du président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et des ministres des Finances des pays membres, dont Tim Geithner, le secrétaire au Trésor américain. Le gouvernement chinois se révèle toutefois être le principal obstacle à cette réforme tant souhaitée par «Sakeqi» (le nom chinois de Sarkozy). Elle est «très complexe», a déclaré dans un discours Wang Qishan, un des quatre vice-Premier ministres chinois - ce qui signifie, dans le langage codé du gouvernement de Pékin, qu'elle est considérée avec

Dans la même rubrique