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Libération

Entre Solvay et Rhodia, l’alchimie se produit

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Fusion . Le groupe belge a lancé son OPA amicale sur le français qui promet une restructuration en douceur.

Publié le 05/04/2011 à 0h00

La France perd l’un de ses fleurons industriels. Le groupe chimique belge Solvay a annoncé hier qu’il lançait une OPA amicale de 3,4 milliards d’euros sur son concurrent tricolore Rhodia, dont le conseil d’administration a approuvé l’offre à l’unanimité. Contrôlé à environ 50% par les descendants d’Ernest Solvay, inventeur du carbonate de soude en 1863, le groupe bruxellois ne manque pas d’arguments. Solvay câline les actionnaires avec une offre à 31,60 euros par action, 50% de mieux que le dernier cours. Et donne un beau gage aux Français : en cas de succès, le PDG de Rhodia, Jean-Pierre Clamadieu, deviendra numéro 2 et succédera dans deux ans à l’actuel patron, Christian Jourquin, 63 ans, qui partira à la retraite.

Cible. Clamadieu et son conseil se sont laissés convaincre en moins de six semaines. Les premiers contacts datent de fin février. Fort des 5,2 milliards de cash issus de la vente de sa division pharmacie, Solvay cherchait une cible. D'abord «surpris» d'avoir été choisi, car Rhodia n'était «pas à vendre», Clamadieu y a vite vu une «opportunité exceptionnelle» de bâtir un champion mondial capable de conquérir à marche forcée les pays émergents, voire de racheter de nouvelles proies. L'opération va engendrer «un beau gros bébé» (dixit Jourquin) de 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 1,9 milliard de résultat d'exploitation. La naissance est prévue fin août, si l'offre réussit et que les autorités de la concurrence

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