Le monde syndical était à la peine, hier. En tête du défilé parisien du 1er Mai, François Chérèque, le secrétaire national de la CFDT, répète en boucle, face à la faiblesse des cortèges, «que le syndicalisme, ce n'est pas descendre dans la rue, mais signer des accords». Selon la police, 13 250 personnes se sont mobilisées à Paris, et 77 000 dans toute la France, soit près de trois fois moins qu'en 2010.
Nadine Prigent, secrétaire générale de la fédération CGT Santé, tient le même discours : «Non, ce n'est pas un signe de démobilisation. […] On n'a jamais vu autant de mouvements dans les entreprises.» Nadine Prigent a remplacé au pied levé Bernard Thibault, retenu par un lumbago («une affection chronique» selon le service de presse) qui s'est réveillé après qu'il eut «porté des charges trop lourdes» la veille. Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa, Bernadette Groison, son alter ego de la FSU, et Christian Mahieux pour Solidaires complétaient la brochette plutôt mince des dirigeants en tête du cortège quand il s'est ébranlé, peu après 14 h 30.
Les jeunes migrants tunisiens, turcs ou encore africains ont apporté les rares touches d'énergie d'un défilé atone. Ce 1er Mai avait été placé sous le signe de la solidarité avec les mouvements arabes. Les manifestants se devaient de leur faire une place. Mais un quart d'heure avant la mise en route, Hakim Etounsi, 23 ans, son sweet blanc barré des couleurs tunisiennes, débarqué




