Plus c’est gros, plus ça passe. Telle est apparemment la logique du pouvoir en place. Premier mensonge : pendant trois ans, de 2007 à 2010, Nicolas Sarkozy a justifié son bouclier fiscal en prétendant sur toutes les télés, devant des millions de Français, qu’il existait un bouclier en Allemagne… qui en réalité n’existait pas.
Qu'à cela ne tienne : en 2010, le chef de l'Etat annonce la suppression du bouclier, mais invente un second mensonge. «La France est le seul pays à avoir un impôt sur le patrimoine», il faut donc supprimer ou fortement réduire l'ISF. Répété en boucle dans tous les médias, ce mensonge pur et simple a fini par convaincre une partie de l'opinion. Sauf que c'est faux : en réalité, dans tous les pays, il existe des impôts assis sur le patrimoine des ménages, notamment sur le patrimoine immobilier, sous la forme de taxes foncières, beaucoup plus lourdes que l'ISF. En France, les ménages acquittent environ 15 milliards d'euros de taxe foncière et 4 milliards d'ISF. Si nous avions la fiscalité américaine ou britannique, nous devrions payer environ 25 milliards de taxe foncière (property tax).
Aurions-nous alors un meilleur système fiscal ? Pas si sûr. Malgré ses imperfections, l'ISF est un impôt à la fois plus juste, plus efficace et mieux adapté au XXIe siècle que les vieilles taxes foncières issues du XIXe siècle. D'abord, parce qu'il tente de traiter de la même façon toutes les formes de patrimoine, immobilier ou financi




