Nouvelles turbulences chez Carrefour. L'instabilité du management s'accompagne désormais d'embardées stratégiques. Deux mois et demi après la démission surprise du patron de la zone Europe, Vicente Trius, le directeur exécutif France, James McCann, en poste depuis moins d'un an et demi, est parti hier. «Les performances n'étaient pas à la hauteur des attentes», explique un porte-parole du groupe, imputant le limogeage à la mauvaise santé persistante des hypers.
Dissensions. C'est passer un peu vite sur les dissensions internes qui ont abouti à la seconde annonce du jour : le report du projet, acté début mars en conseil d'administration, de mettre en Bourse 25% de la filiale immobilière du groupe, Carrefour Property.
«Plus nous avons fouillé, moins l'opération nous a paru pertinente, explique Pierre-Henri Leroy du cabinet de conseil Proxinvest. Carrefour a déjà vendu à la foncière Klépierre la totalité de ses galeries marchandes en France. Il ne détient que les murs de ses hypers. Les céder, c'était prendre le risque de voir exploser les loyers des magasins. L'opération n'avait qu'un avantage : libérer du cash pour les actionnaires.» La scission de Carrefour Property et de 100% de l'activité discount Dia prévoyait, de fait, le versement d'un dividende exceptionnel de 4 milliards d'euros. Dont 575 millions pour les deux principaux actionnaires de Carrefour (avec 14%), Bernard Arnault et Colony Capital. Le tandem, très énervé par la faiblesse du




