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Libération
EDITORIAL

Pschitt

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Publié le 07/05/2011 à 0h00

Les discours vibraient alors d'une indignation brûlante : jamais plus ! Le capitalisme serait moralisé, les banquiers et les traders remis au pas, la pratique des bonus sévèrement encadrée, l'obscénité des revenus tirés du casino boursier enfin régulée. Les économistes avaient beau rappeler que ces questions de morale n'avaient qu'un rapport diagonal avec les dysfonctionnements d'un système devenu fou, elles finirent par symboliser l'injustice de la situation : ceux qui avaient précipité le monde dans le chaos financier continuaient à vivre grassement des rentes de la spéculation à court terme. Pendant que les citoyens et les Etats payaient, eux, la facture, les premiers en se retrouvant au chômage, les seconds en s'endettant sur des sommes tellement gigantesques qu'elles en devenaient parfaitement abstraites. Qu'en est-il trois ans plus tard ? Business as usual. Ce que révèle l'enquête de Libération aujourd'hui, c'est l'échec du volontarisme dont Nicolas Sarkozy avait été crédité au pire moment de la crise. Un immense pschitt dont les effets se feront durablement sentir. Sur la question ultrasensible des bonus, les promesses, les engagements, n'ont pas été tenus : les directives européennes sont en effet non seulement mal transcrites en droit français, mais pas appliquées. Un renoncement de la part des instances, politiques ou de contrôle, qui visiblement ne comprennent pas, ou se moquent, des conséquences empoisonnées de leur indifférence. Celle-ci est r

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