De la même manière que l’industrie financière s’est trop largement coupée du monde économique et des entreprises dont elle devrait pourtant être au service, la recherche en finance s’est également en grande partie isolée des recherches en sciences sociales. Plus exactement, une part importante de la recherche en finance, celle qui draine le plus de ressources intellectuelles, celle aussi qui est la plus soutenue par les banques car directement en prise avec leurs préoccupations, s’est constitué en un domaine propre : la «finance mathématique». La puissance incomparable de cette démarche réside dans la radicalité de son réductionnisme : il faut abandonner l’ambition de comprendre la manière dont les marchés financiers fonctionnent, laisser l’analyse des raisons de leurs dysfonctionnements et des possibilités de leur régulation à d’autres chercheurs ; l’objet principal est de définir des stratégies de placement permettant de couvrir des risques financiers, de permettre la création de nouveaux produits financiers, et de faciliter l’échange de tels produits financiers. Ces techniques mobilisent des développements récents et ardus obtenus par la théorie des probabilités. L’articulation entre recherche académique, formation universitaire, et débouchés professionnels est impeccable : les enseignants chercheurs conseillent les banques dont certains cadres interviennent dans les programmes de formation, au grand bénéfice des étudiants qui sont ainsi en prise directe avec leurs futurs
Pour une recherche en finance responsable
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Publié le 10/05/2011 à 0h00
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