Comparer son employeur à la sculpture d'un Louis XVIII éclopé et ventripotent peut conduire au licenciement. C'est ce que vient d'expérimenter Adyl Abdelhafidi, assistant culturel remercié par la direction du Domaine public de Chaumont-sur- Loire (Loir-et-Cher) après avoir commenté une photo du monarque déposée sur la page Facebook par son ex-supérieur hiérarchique. Aucun patronyme, aucune mention faite de l'entreprise. Juste cette moquerie : «Il me rappelle une directrice que j'ai bien connue.»
Selon Jean-Etienne Giamarchi, l'avocat du Domaine, elle vaut «dénigrement». «Tout le monde a reconnu la directrice qui, malheureusement pour elle, est un peu forte. Que l'employé veuille dire du mal de sa supérieure en privé, c'est son droit le plus strict, mais pas sur une page Internet visible par tous. La loyauté envers son employeur est consubstantielle au contrat de travail.» L'intéressé nie avoir raillé son ancienne directrice : «Facebook, c'est comme un véhicule sur la voie publique. Un lieu privé situé dans un espace public.»
De l'avis même des deux parties, cet incident a joué le rôle de déclencheur, la situation étant déjà tendue en interne. «Depuis plusieurs mois, l'ambiance était devenue impossible, confirme Adyl Abdelhafidi. On me demandait de fliquer mon supérieur direct.» Selon son avocat, maître Giamarchi : «Cette photo grotesque a été mise en ligne pour pousser au commentaire déplacé et Adyl Abdelhafidi est tombé dans le




