La menace de l'affaire Tapie ne l'a pas découragée. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a annoncé hier, sans attendre, qu'elle était candidate pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du FMI. Alors même que la Cour de cassation doit se prononcer le 10 juin sur l'ouverture d'une procédure judiciaire visant son rôle dans l'arbitrage très contesté qui a contraint l'Etat à verser 400 millions d'euros de dommages et intérêts à Bernard Tapie pour solder son contentieux avec le Crédit lyonnais (Libération d'hier).«Je maintiendrais ma candidature» même si une enquête est ouverte, a prévenu la ministre, qui estime avoir «toujours agi dans l'intérêt de l'Etat et dans le respect absolu de la loi».
«Rock star». Christine Lagarde ne s'est jamais laissée déstabiliser par les questions souvent vachardes des journalistes venus en nombre à Bercy. Elégance stricte, «éléments de langage» ciselés, voix assurée : la ministre n'a pas fait mentir son image d'étoile de la finance internationale, acquise grâce à sa longévité à Bercy (presque quatre ans) et son rôle dans la présidence française du G20. L'ancienne avocate d'affaires (elle a présidé le prestigieux cabinet américain Baker & McKenzie) connaît parfaitement les élites de la planète finance, qui la reçoivent «pratiquement comme une rock star», a assuré au New York Times l'ancien chef économiste du FMI Kenneth S. Rogoff. Enfin, Christine Lagarde est




