«L'espèce humaine a perdu son lien avec la terre, avec la planète, ses rythmes, ses limites et ses dangers ; les politiques ne sont pas armés intellectuellement pour affronter la crise climatique.» Le philosophe Michel Serres ne se fait guère d'illusion sur la capacité des dirigeants à prendre la mesure du réchauffement de la planète et à penser l'action publique dans le temps long. Difficile de lui donner tort à la lumière de la crise provoquée par cette sécheresse sévère qui pulvérise en Europe tous les records historiques et provoque le désarroi de milliers d'agriculteurs. Voilà un événement à la fois exceptionnel dans son ampleur et pourtant totalement prévisible. Les experts climatiques l'ont dit et répété depuis des années : hausse des températures, baisse de la pluviométrie et augmentation des risques climatiques. Un pronostic scientifique qui concerne au premier chef les agriculteurs. Si «gouverner, c'est prévoir», alors nos responsables ont failli. Comme pris de court, le ministre de l'Agriculture se tourne vers Bruxelles, en appelle à la solidarité, récuse toute idée d'impôt sécheresse (impossible à moins d'un an de l'élection présidentielle), et prévient qu'il serait «naïf de penser qu'on s'en sortira avec une enveloppe de 80 ou 100 millions d'euros…» Bref, on va une fois de plus gérer l'urgence et indemniser à la va-vite pour calmer un bastion électoral qui n'a jamais lésiné sur les moyens pour se faire entendre. Et remettre à demain l'adaptatio
EDITORIAL
Temps long
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Publié le 04/06/2011 à 0h00
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