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Les salariés de Lafarge cimentés contre les restructurations

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Après l’annonce, dans un secteur pourtant florissant, de la fermeture de l’usine de Frangey, dans l’Yonne, la quasi-totalité des sites français du groupe sont paralysés.

Publié le 08/06/2011 à 0h00

Une usine ferme, et c'est tout le groupe qui s'enrhume. Suivant l'exemple des salariés de Total, dont l'ensemble des raffineries françaises s'étaient arrêtées en février 2010 suite à la suppression du site de Dunkerque, les employés de Lafarge bloquent depuis lundi la plupart des cimenteries du groupe, en réaction à la fermeture de celle de Frangey (Yonne). Hier en fin d'après-midi, la direction enregistrait 36% de grévistes, contre 51% la veille. «Plus un kilo de ciment ne sort des usines, affirme Sylvain Moreno, délégué syndical CGT. Et la mobilisation est partie pour durer.» Ce matin encore, nombre d'entre eux ont prévu de se rassembler devant le siège de l'entreprise à Saint-Cloud, dans la banlieue parisienne, à l'occasion du comité d'entreprise consacré au plan social des 74 salariés menacés par la fermeture de l'usine de Frangey.

Mais ce n'est pas qu'une grève de solidarité qui a démarré lundi dans l'ensemble du groupe. Comme au sein de Total il y a un an, les syndicats de Lafarge estiment que cette fermeture n'est que le prélude à l'extinction programmée d'autres cimenteries parmi les dix que compte le groupe dans l'Hexagone. «Il y a une vraie volonté de la part de Lafarge de réduire la voilure en France, notamment en fermant les petites unités, estime la CGT. Preuve en est : les investissements diminuent constamment, en particulier ceux de "maintien", menaçant la pérennité de l'outil industriel.» Après celle de Frangey, les syndicat

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