Aquarante-huit heures du salon du Bourget, Airbus se serait bien passé d’une telle mauvaise nouvelle. Il doit en effet dévoiler demain les modifications que ses clients l’ont forcé à effectuer sur l’A350-1 000, le plus gros de sa nouvelle famille de long-courriers. L’appareil souffrait d’un sérieux souci, puisqu’il a fallu changer le moteur. Airbus a demandé au britannique Rolls-Royce de concevoir un nouveau réacteur, plus puissant. De sources industrielles, cela permettra à l’avion d’emporter plus de charge et de voler plus loin (900 km de plus).
L'avionneur n'avait pas le choix. Les compagnies, Emirates en tête, jugeaient l'A350-1 000 pas assez performant comparé au Boeing 777, et surtout à son successeur, attendu à la fin de la décennie. «Airbus s'est rendu compte qu'en l'état, l'A350-1 000 risquait de ne pas durer longtemps», glisse un proche du dossier. Mais le nouveau moteur menace de forcer Airbus à modifier aussi les ailes, et peut-être même la structure et le train d'atterrissage. Selon des experts interrogés par Libération, ce chantier très lourd devrait coûter «au moins 2 milliards d'euros», en plus des 10 milliards déjà prévus pour concevoir l'A350. Airbus va aussi devoir retarder les livraisons de la version 1 000.
Dérapage. Or, l'ensemble du programme est déjà en retard. Selon des sources concordantes, le premier avion de la famille, l'A350-900, accuse à ce stade un décalage d'environ un an par rapport au calendrier ini




