Est-ce le signe de la puissance prodigieuse des marchés financiers désormais capables de contester la souveraineté des pays les plus vulnérables ? Ou celui d’un activisme de rattrapage des agences de notation, incapables de prévoir la crise économique et financière de 2007-2008 ? Une certitude : la finance s’installe un peu plus aux commandes du système économique. Les agences de notation, ces soi-disant juges de paix, viennent d’en administrer une nouvelle fois la preuve.
Doute. Vendredi soir, alors que l'on nage en pleine crise grecque, Moody's (une des trois agences, toutes privées) a indiqué qu'elle envisageait de réviser la note de la dette de l'Italie «en vue d'un éventuel abaissement à long terme». Après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, c'est au tour de l'Italie de susciter le doute sur sa capacité à sortir d'une situation relativement fragile.
Le 20 mai déjà, une autre des agences, Standard & Poor's, avait indiqué qu'elle envisageait d'abaisser la note de la dette italienne. Pour Moody's, le pays, plombé par une dette publique de près de 121% et un déficit budgétaire de 4,1%, aura le plus grand mal à redresser la barre de ses finances publiques. D'autant, toujours selon Moody's, que la croissance est atone (moins de 1%) et que «l'adoption de nouvelles politiques budgétaires de rigueur pourrait se révéler difficile à court terme car le soutien électoral du gouvernement [Berlusconi] est en train de s'affaiblir». Bref, l'Ital




