Olivier Pastré est professeur d’économie à l’université Paris-VIII, membre de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et administrateur de plusieurs banques. Il ne croit pas au scénario catastrophe d’une Europe qui risquerait l’implosion à cause de la Grèce.
Pourquoi ne partagez-vous l’avis de ceux qui nous prédisent le pire ?
C’est relativement simple : personne n’y a intérêt. Certains vont jusqu’à imaginer des pays sortant de l’euro. Faut-il leur rappeler que si des pays de la zone euro adoptaient cette stratégie, ils verraient aussitôt exploser leur dette publique? L’avantage éventuel d’une dévaluation de leur nouvelle monnaie serait insignifiant, car à l’instar du reste de la plupart des pays de la zone euro, ces pays se sont désindustrialisés. Les capacités exportatrices de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal sont relativement faibles. Ces pays prendraient de plein fouet l’augmentation du coût des importations. Quant aux pays les plus solides, et on pense à l’Allemagne, la valeur de leur «nouvelle» monnaie partirait aussitôt à la hausse.
Avec quels effets ?
Une flambée de leur devise se traduirait par la ruine de leur modèle fondé sur l’exportation. Or, les Allemands ont consenti des sacrifices salariaux sans précédents pour consolider leur croissance. Ils verraient ainsi leur rêve de grandeur retrouvée s’évanouir…
Mais iriez-vous jusqu’à écarter le risque de contagion via un défaut de paiement de la Grèce ?
En économie, le risque zéro n’existe pas. Dans l’affaire de la Grèce, tous les acteurs publics et privés ont intérêt à une gestion intelligente de la crise. Les banques, les assurances, les fonds de pensions, qu’ils soient allemands,




