Ubu roi au pays des avions sans pilote. Après sept ans d'atermoiements et de bagarre entre industriels, un arbitrage était enfin attendu au Bourget. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a bien annoncé lundi la préparation d'un appel d'offres franco-britannique sur un drone Male (moyenne altitude, longue endurance), ce qui semblait ouvrir un boulevard au Telemos, promu par Dassault et l'anglais BAE, au détriment du Talarion du franco-allemand EADS. Sauf que Nicolas Sarkozy et Gérard Longuet ont ajouté une brique au casse-tête en exigeant que les vieux ennemis Dassault et EADS se mettent d'accord, car «les guéguerres franco-françaises doivent cesser». Oubliant, au passage, que l'Etat a contribué à les alimenter.
Le feuilleton illustre à merveille les impasses de l'Europe de la défense. Les militaires ont absolument besoin de drones, comme le montrent les conflits afghan et libyen, et l'Europe veut se doter de cette technologie, dominée par les Américains et les Israéliens. En 2004, la France lance le programme franco-germano-espagnol Euromale, confié à Dassault et à EADS. Mais ils se déchirent. EADS poursuit seul avec le Talarion. En 2009, les trois gouvernements payent même l'industriel pour réaliser une étude pré-appel d'offres. Mais les Etats sont fauchés et le projet patine, faute de commandes. Et en novembre 2010, la France change de camp en signant avec la Grande-Bretagne un traité de défense incluant les drones. Logique, a dit Gérard Longuet hier, puisqu'i




