La hausse vertigineuse, exponentielle, du salaire des plus grands patrons demeure un mystère. Sur quels critères objectifs se fonde-t-elle ? Pour le dire brutalement : aucun. C’est en effet un pifomètre mi-économique, mi-symbolique qui détermine le nombre de zéros et de stock-options, l’ampleur du «golden hello» et du «golden parachute», le montant des retraites et des indemnités diverses. Bref : la série d’avantages taillée sur mesure, et dans les étoffes les plus rares, que l’optimisation fiscale rend encore plus chatoyante. D’autant que les heureux élus, bénéficiaires de protections blindées, gagnent à tous les coups, qu’ils réussissent ou échouent. Leurs salariés aimeraient être traités avec autant d’égards… Il y a évidemment de quoi être scandalisé par la constitution de cette néo-oligarchie, inédite dans l’histoire du capitalisme, rendue possible par la financiarisation récente de l’économie, et qui fait passer les patrons à l’ancienne pour de sévères et tempérants philanthropes. Voyant l’effarement général et les élections arriver, le PS et l’UMP ont mis quelques mesures, quelques mots et gadgets sur la table. Cette prise de conscience discrète et opportuniste fait pourtant l’impasse sur le seul moyen efficace de lutter contre le phénomène : l’impôt, vecteur d’égalisation, de redistribution et de justice sociale. Une arme que la vulgate économique de l’époque a contribué, à grands coups de niche et de bouclier, à fragiliser, émousser, marginaliser. Alors qu’elle n’a j
EDITORIAL
Arme
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Publié le 23/06/2011 à 0h00
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