En détenant près de 1 200 milliards de dollars (846 milliards d’euros) de bons du Trésor américain, la Chine alimente en grande partie l’appétit des Etats-Unis pour le crédit. N’ayant guère d’autre choix pour placer ses immenses réserves de change, Pékin ne s’en plaignait guère jusqu’alors. Cela lui a permis, plutôt que d’importer les biens et les services qui réduiraient ses excédents commerciaux, de prêter ces excédents à son principal débiteur. Ses réserves en devises ont grossi d’autant plus que Pékin achète chaque jour davantage de dollars pour assurer un taux de change compétitif à sa propre monnaie, le yuan - ce qui en retour entretient sa machine excédentaire.
«Dépendance». Ce mécanisme est remis en cause, car la solvabilité des Etats-Unis n'est plus une loi d'airain. Samedi, le gouvernement chinois a réagi avec la rage d'un joueur en Bourse qui vient de réaliser qu'il ne peut pas se dégager d'une position où il risque de perdre très gros. Quelques heures après la dégradation par Standard & Poor's de la note américaine, Pékin a fait savoir que, en tant que «plus grand créancier de la seule superpuissance mondiale», il a «tous les droits d'exiger des Etats-Unis qu'ils garantissent la sécurité de ses avoirs en dollars».
Pour Pékin, il va falloir que les Etats-Unis «soignent leur dépendance à la dette» et «vivent selon leurs moyens». Washington doit ainsi effectuer des coupes dans ses «dépenses militaires gigantesqu




