La panique boursière a le mérite, dans une société d’image, dans une économie totalement numérisée et donc dématérialisée, de rendre la crise visible. De la rendre tangible et donc compréhensible, avec des indices qui plongent et des courbes orientées vers les gouffres. Evénementielle et donc médiatisable, avec unité de temps, de lieu, d’action, moments forts cinq jours sur sept, sur tous les continents, au fil des fuseaux horaires. Cette dramaturgie masque pourtant le double fond du problème : la récession économique, partiellement cause et très probablement conséquence de la panique boursière ; la crise sociale, qui se propage également dans les pays frappés de marasme. Nos économies ne parviennent en effet toujours pas à redémarrer, les emplois ayant été détruits depuis trois ans semblant l’être pour longtemps, voire définitivement. Et le triste privilège européen de la croissance faible et du fort chômage caractérise désormais l’Occident tout entier, à commencer par les Etats-Unis. Les gigantesques et nécessaires plans de relance de 2008 n’ont eu pour effet que de différer ce moment de vérité. Et de ruiner les Etats qui les ont mis en œuvre et qui, pour peu qu’ils en aient le désir, n’ont plus les moyens de protéger leurs citoyens, premières victimes du cocktail de pauvreté croissante et d’injustice face à une situation dont ils ne sont pas responsables. D’où les crises sociales, profondes, parfois pacifiques, parfois violentes à Dublin, Athènes, Madrid, Tel-Aviv, peut-ê
EDITORIAL
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Publié le 09/08/2011 à 0h00
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