La France a connu hier sur les marchés financiers une journée digne des attaques contre la Grèce ou l'Italie. Et les spéculateurs s'en sont pris à son point faible : ses banques qui, malgré les discours rassurants, sont gavées de dettes de pays en difficulté. C'est la Société générale, l'un des établissements français les plus fragiles en termes de fonds propres, qui a concentré toutes les rumeurs sur une éventuelle faillite. Malgré un démenti «catégorique» de la banque, son action a perdu jusqu'à 20%, avant de finir la séance sur une chute de 14,7%. A l'arrivée, toutes les valeurs françaises étaient dans le rouge : le CAC40 perdant 5,45%.
Tout commence avec l'annonce surprise, hier matin, de la tenue d'une réunion à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy, revenu de vacances, en présence du Premier ministre et des ministres chargés de l'économie. Un timing censé influer sur les investisseurs. Le communiqué annonçant la réunion est envoyé à 9 h 26, juste après une ouverture positive de la Bourse de Paris. Mais à la sortie, l'Elysée n'a pas grand-chose à proposer aux marchés : le communiqué final réaffirme les objectifs du gouvernement de réduction des déficits (lire page 3), en se félicitant au passage de la réforme passée des retraites. Quant à Sarkozy, il repart au Cap Nègre finir ses vacances.
Dans les salles de marché, cet aller-retour intrigue, et met en marche la machine à rumeurs. N’est-ce pas le signe que la France s’apprête à perdre sa note finan




