«Mais qui sont ces gens ?» Depuis dimanche et la dégradation par Standard & Poor's de la note des Etats-Unis, cette question, posée hier par Jean-Luc Mélenchon sur le mode de l'indignation, revient sans cesse. Qui sont ces gens, dixit le leader du Parti de gauche, qui osent «décider à la place des peuples» ? Qui sont ces gens qui s'attaquent à la puissance américaine ? Qui provoquent la chute des marchés et poussent Sarkozy à rentrer de vacances, pour tenter, en vain, de mettre fin à la panique ? Pour calmer les critiques, Standard & Poor's communique, assurant que sa décision était prévisible et qu'elle ne devrait pas avoir de conséquences graves. Mais la transparence a ses limites. Pour y voir plus clair, Libération a interrogé des ex-salariés des trois agences, sociétés privées, qui trustent le marché mondial (S & P, Moody's et Fitch) et des observateurs avertis. Enquête sur une profession méconnue.
Qui sont ces hommes ?
«Des "crânes d’œuf" qui aiment faire des calculs à n’en plus finir»
Même si les agences ont un poids très important sur la finance mondiale, les analystes de S & P, Moody's ou Fitch ne sont pas les rois de la Bourse. Au contraire, même. «En haut de la pyramide dans la finance, il y a les traders, les banquiers d'affaires, puis les gestionnaires de fonds, décrypte un ancien analyste. Après seulement viennent les analystes : d'abord les analystes buy-side, crédit ou sell-side [qui travaillent pour les banques, ndlr].




