Depuis que Standard & Poor's (S & P) a dégradé la note des Etats-Unis, le nombre d'événements «fortuits» s'abattant sur l'agence s'accumule. La semaine dernière, le New York Times révélait qu'une enquête avait été ouverte par le département de la Justice (le parquet fédéral) sur son rôle controversé dans la crise des subprimes. Hier, S & P a indiqué que son président actuel, Deven Sharma, serait remplacé précipitamment, à compter du 12 septembre.
Officiellement, les deux annonces n'ont rien à voir avec la perte du AAA par les Etats-Unis. L'enquête sur les subprimes était en cours bien avant le 5 août, date de la dégradation. L'agence est depuis longtemps dans la ligne de mire des autorités américaines pour avoir surnoté des produits subprimes qui, in fine, se sont révélés toxiques. Mais, selon le New York Times, sa responsabilité pénale pourrait être engagée dans la mesure où, à plusieurs reprises, la hiérarchie aurait fait pression pour empêcher ses analystes d'abaisser la note de produits financiers subprimes.
Quant au remplacement de son président, il s'agirait, là aussi, d'un processus engagé de longue date. Selon le Wall Street Journal, qui a révélé l'information, la décision a été prise par la maison mère de S & P, l'éditeur McGraw-Hill, dans le cadre d'une réorganisation des activités de l'agence, annoncée il y a plusieurs mois. Devraient ainsi être séparées en deux entités distinctes les activités de notation et celles d'analyse et de collect




