Il est bientôt minuit en Europe et les pyromanes s'en donnent à cœur joie. A Berlin, à Francfort, à Paris ou à Amsterdam, des responsables politiques de premier plan se déchirent publiquement sur les mesures à prendre pour sauver l'euro. Plusieurs beaux esprits kamikazes clament qu'il n'est désormais d'autres solutions pour la Grèce que le défaut de paiement et la faillite organisée. Ils répètent avec le cynisme d'Oscar Wilde qu'«on ne meurt pas de ses dettes, mais qu'on meurt un jour de ne plus pouvoir en faire…» Au même moment, les marchés assassinent en Bourse les valeurs bancaires, jouant avec le risque d'une crise systémique dont les peuples seraient, là encore, les premières victimes. Chacun manie de l'explosif, en toute inconscience, en toute irresponsabilité. En France, mais aussi dans bien d'autres pays de l'Union, on glose depuis longtemps sur la nécessité de remettre de la politique dans l'Europe et de rééquiliber enfin les rapports de forces. Mais les dirigeants de l'Union sont aujourd'hui davantage otages de leur propre paralysie que des marchés financiers. Ils laissent dans une dangereuse solitude la Banque centrale européenne, qui ne peut pas, et ne doit pas, tout régler. Seule l'affirmation claire d'une vision politique de l'euro pourrait ramener un peu de calme et de raison. La Cour constitutionnelle allemande ne s'y est pas trompée, la semaine dernière, en affirmant haut et fort que les peuples, via leurs Parlements, doivent être associés aux mesur
EDITORIAL
Solitude
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Publié le 13/09/2011 à 0h00
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