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Enquête

Ryanair siphonne la Canebière

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La compagnie aurait imposé des subventions déguisées à l’aéroport marseillais, sous peine de partir.

Publié le 30/09/2011 à 0h00

Avis de tempête pour Ryanair à Marseille. La base provençale de la compagnie irlandaise à bas coûts, ouverte en 2006, est sous le feu de deux procédures. D'abord l'instruction pour «travail dissimulé», clôturée cet été par la juge aixoise Marie-Pierre Fournier. Ensuite, l'enquête ouverte en juillet par la Commission européenne, suite à une plainte d'Air France, sur les subventions présumées versées par la chambre de commerce de Marseille (CCIM), gestionnaire de l'aéroport. Des documents confidentiels, que Libération s'est procurés, montrent à quel point la CCIM s'est soumise au diktat de la compagnie.

Tout commence en 2005. Pour attirer Ryanair, elle décide de construire un terminal low-cost, MP2. Les redevances aéroportuaires y étaient au départ cinq fois moins élevées que celles de l'aérogare principale, MP1. Des prix d'ami visiblement discriminatoires, puisqu'ils ont été annulés à trois reprises par le Conseil d'Etat. Mais c'est encore trop pour Ryanair. «Les conditions de coûts sont très favorables, mais ne permettent toujours pas de satisfaire les critères de rentabilité très élevés de cette compagnie», indique le compte rendu du conseil d'administration de l'aéroport du 15 novembre 2005. Pas de problème, la CCIM est prête à passer à la caisse. Pour satisfaire «l'exigence de Ryanair, il convient de procéder à un accompagnement», poursuit le document. Après de savantes simulations, il s'avère que la facture «s'élève à 14 957 904 euros» sur d

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