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Quelle convergence sociale avec l’Allemagne ?

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ParGuillaume Duval
Rédacteur en chef d’«Alternatives économiques»
Publié le 03/10/2011 à 0h00

Le 22 septembre, François Fillon proposait de porter l’âge de la retraite à 67 ans au nom de la nécessaire «convergence sociale» avec l’Allemagne. Sur le terrain des retraites, une telle convergence n’a cependant guère de raison d’être, compte tenu des importantes différences démographiques entre nos deux pays. Elle serait en revanche très utile en matière de gouvernance des entreprises où nous aurions tout intérêt à nous rapprocher du modèle allemand.

Tout d’abord, il n’est pas certain que, d’ici à 2029, l’échéance lointaine prévue pour le passage à 67 ans de l’âge de la retraite en Allemagne, nos voisins maintiennent ce projet très contesté. Il a en effet de fortes chances d’être remis en cause lors d’un probable changement de gouvernement. Et surtout, les situations française et allemande sont très différentes sur le plan démographique : entre 2000 et 2010, la population des 15-64 ans s’est accrue de 2,5 millions de personnes en France alors qu’elle diminuait de 2 millions de personnes en Allemagne. Un écart qui devrait continuer à se creuser à l’avenir : il est né en France 829 000 bébés en 2010, contre 681 000 en Allemagne. Soit 13 pour mille habitants chez nous, contre 8, outre-Rhin. On comprend que nos voisins soient très inquiets pour l’avenir de leurs systèmes sociaux et puissent même envisager des mesures aussi extrêmes que la retraite à 67 ans mais la France n’a aucune raison de les suivre sur ce terrain…

Cette préoccupation d'une convergence sociale avec l'Allemagn

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