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Carrefour : la grande dégradation

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Hypers . Le deuxième distributeur mondial a lancé hier son cinquième avertissement sur résultats en un an, avec un recul compris en 15 et 20%.

Publié le 14/10/2011 à 0h00

Et de cinq ! Cinq avertissements sur résultats en un an. Carrefour va mal. Hier, le numéro 2 mondial de la distribution a prévenu : le résultat attendu pour 2010 sera plus fortement dégradé (- 15% à - 20%) que ce qui avait été annoncé il y a juste un mois (- 15%).

L'activité en France dégringole. Le chiffre d'affaires des hypermarchés, longtemps tête de gondole du groupe, reculent trimestre après trimestre (- 1% au premier, - 3,3% au second, - 4,4% au troisième trimestre de 2011). Lars Olofsson, patron du groupe depuis janvier 2009, multiplie les coups de barre, change son état-major, mais ne réussit pas à reprendre le contrôle du paquebot : «Sans arrêt, on lance de nouveaux projets, et on les stoppe en cours de route sans avoir eu le temps de les évaluer», constate Bruno Moutry, délégué syndical CFDT et membre du comité de groupe européen. Exemple : après le coup d'accélérateur cet été sur les promos et les programmes de fidélité, «la ligne, maintenant, c'est de faire porter l'effort sur les prix».

Le moteur de la consommation, un peu grippé, n'aide pas à la santé du grand commerce. Mais Carrefour recule aussi par rapport à Leclerc et Auchan en parts de marché. Bernard Arnault et le fonds Colony (14% du capital à eux deux, mais 20% des droits de vote), entrés chez Carrefour alors que l'action valait 53 euros (17 euros hier), ne digèrent pas leur décote et multiplient les manœuvres. La scission d'avec Dia, pour satisfaire ces financiers, est dénoncée en inter

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