«Surveiller et punir», telle est leur devise. Le cynique rituel des agences de notation n'a hélas plus de mystères. A chaque fois, le même scénario : un communiqué sibyllin annonce «la mise sous surveillance» d'un Etat - la balle est ainsi placée dans le barillet - puis, trois mois plus tard, l'un des tireurs de Moody's, Standard & Poor's ou Fitch actionne la gâchette et dégrade la note du pays ciblé. L'effet est dévastateur : du jour au lendemain, l'Etat doit payer sur les marchés le prix le plus élevé pour financer ses déficits publics. En général, c'est l'asphyxie. Voilà le sort qui semble promis à la France. Il faut bien sûr dénoncer la toute-puissance de ces institutions aveugles qui se sont maintes fois trompées. Il faut aussi garder en mémoire la double faute de Nicolas Sarkozy, dont le paquet fiscal en début de mandat fut à la fois inéquitable au plan social et désastreux au plan économique. Mais ces agences auront beau jeu de rappeler qu'il est une seule manière de ne pas être otage du système financier, c'est de ne pas trop lui devoir… Et, en la matière, la France a beaucoup tiré sur la corde. Dès lors que le compte à rebours est engagé, il convient de trouver la meilleure façon de réduire les déficits sans tarir le filet de croissance qu'il nous reste. Ni la droite ni la gauche - surtout si elle revient au pouvoir - n'ont intérêt au scénario du pire. Ce n'est pas le moindre des effets de la primaire : face à l'urgence, le candidat socialiste n'a d'autres
EDITORIAL
Urgence
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Publié le 19/10/2011 à 0h00
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