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Libération
Enquête

Les banques de l’ombre menacent la Chine

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A Wenzhou, les faillites de sociétés étranglées par des taux prohibitifs se multiplient. Les établissements prêteurs, eux, spéculent au risque de faire déraper la dette.

Publié le 25/10/2011 à 0h00

Ces dernières semaines, une crise financière sans précédent a frappé la région de Wenzhou (province du Zhejiang), l’une des plus dynamiques de Chine, et plusieurs médias commencent à se demander si cette débâcle locale ne risque pas de s’étendre au reste du pays. Incapables de rembourser leurs dettes, des milliers d’entreprises privées de Wenzhou ont mis la clé sous la porte. Près d’une centaine de patrons ont fait leurs bagages et déguerpi dans un lieu discret ou à l’étranger. Trois d’entre eux se sont suicidés en se jetant du haut d’un immeuble, laissant derrière eux de lourdes ardoises. Pour tenter de contenir la crise, le Premier ministre, Wen Jiabao, s’est rendu sur place au début du mois. Depuis, la municipalité a réussi à convaincre l’un de ces patrons de rentrer des Etats-Unis, où il s’était réfugié.

Entités souterraines. La région de Wenzhou, la première où a «repoussé la queue du capitalisme» au début des années 80, fonctionne sur un modèle très libéral. La plupart des 400 000 petites et moyennes entreprises y sont financées par des banques privées - illégales en Chine, mais tolérées. Au niveau national, environ 10% des prêts sont octroyés par ces milliers de banques de l'ombre. Elles ont prêté 177 milliards de yuans (20 milliards d'euros) depuis janvier au seul secteur immobilier, soit autant que les banques officielles.

Ces officines de crédit sont alimentées en fonds par la population, attirée par des taux d’intérêt beaucoup plus élevés q

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