Les Etats-Unis suivent avec de plus en plus d’inquiétudes la crise de l’euro. Explications de Douglas Elliott, analyste à la Brookings Institution et ancien banquier d’affaires, notamment chez JP Morgan.
Qu’attendez-vous du sommet d’aujourd’hui ?
Il semble répéter une expérience que nous avons déjà eue plusieurs fois durant cette crise. Les leaders européens semblent attendre le dernier moment pour faire juste ce qu’il faut pour traverser la phase de crise où ils se trouvent. Rien de ce qui s’annonce ne s’attaque au fond des problèmes. Cela requerrait sans doute des changements constitutionnels. Le cœur du problème de la zone euro est que vous avez une union monétaire sans ses conditions préalables. Pour une vraie solution, il faudrait que la zone euro se comporte comme une seule entité, pas comme 17 pays qui se retrouvent de temps en temps dans une pièce…
Les Européens s’apprêtent à recapitaliser leurs banques à hauteur de 100 milliards d’euros, ce n’est pas assez ?
Le Fonds monétaire international a déjà estimé que les problèmes de dette souveraine ont coûté plus de 200 milliards d'euros aux banques de la zone. Sachant qu'elles totalisent 27 000 milliards d'euros d'actifs, ces 100 milliards de capital supplémentaire ne seraient pas d'une grande aide en cas de baisse de valeur des actifs. Il faudrait au moins 200 milliards. Mais ce n'est pas le seul problème. Si on impose aux banques un ratio plus élevé de capital relatif à leurs actifs, elles risquent de vouloir rétrécir. A moins que les dirigeants européens ne trouvent une façon intelligente de l'empêcher, les banques vont réduire leurs actifs. Si toutes le font au même moment




