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Interview

«Si l'Europe ne prend pas de décisions audacieuses, la crise de l'euro va empirer»

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Analyste à la Brookings Institution et ancien banquier d'affaires, l'Américain Douglas Elliott estime que le plan européen est, en l'état, trop timide pour endiguer la crise.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 26/10/2011 à 8h00

La crise de l'euro inquiète de plus en plus aux Etats-Unis. Douglas Elliott, analyste à la Brookings Institution, et ancien banquier d'affaires, notamment chez JP Morgan, redoute même que les solutions attendues du sommet de Bruxelles ce mercredi puissent encore empirer les problèmes.

Qu'attendez-vous du sommet de ce mercredi ?

Il semble répéter une expérience que nous avons déjà eu plusieurs fois durant cette crise de l'euro. Les leaders européens semblent attendre le dernier moment

pour faire juste ce qu'il faut pour passer à travers la phase de crise où ils se trouvent. Cette fois, ils sont un peu en avance sur les évènements, je pense que ce qui sera annoncé ce mercredi constituera un progrès, mais toujours un peu décevant. Rien de ce qui s'annonce ne s'attaquera au fond des problèmes. Cela requerrait sans doute des changements constitutionnels. Le cœur du problème de la zone euro est que vous avez une union monétaire sans ses conditions préalables, qui sont une grande similarité entre les pays membres ou bien une large intégration des politiques fiscales.

Quelle serait une vraie solution ?

Différents chemins sont possibles, qui tous sont politiquement difficiles. Vous pourriez instaurer un plus grand degré de transferts fiscaux entre les pays de la zone euro, pour faire comme s'il ne s'agissait que d'une seule grande économie. Vous pourriez avoir des eurobonds, garantis par tous les pays de la zone... La clé

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