Quel paysage après la bataille et cette folle semaine où le destin de l’euro a tenu le monde en haleine ? Une pantalonade démocratique en Grèce après l’abandon du référendum et l’étrange suicide politique du Premier ministre, la mise sous tutelle de l’Italie par le FMI et le discrédit définitif d’un Berlusconi usé jusqu’à la corde, un renforcement encore hypothétique du Fonds européen de stabilité et l’annonce de timides mesures de régulation financière déjà décidées il y a trois ans… La digue bricolée en urgence à Cannes pour conjurer la contagion de la crise paraît bien fragile. Cette gestion à l’arrachée et à courte vue a sans doute permis de gagner un peu de temps, mais elle ne résoud aucun des défauts de gouvernance de la zone euro et elle va surtout laisser des traces. Le mépris souverain d’un directoire franco-allemand autoproclamé à l’égard des autres partenaires de l’union monétaire - et notamment de l’Italie au cours d’une conférence de presse déplorable - a choqué jusqu’aux adversaires les plus résolus de Berlusconi. Le travail de sape contre la Commission européenne et la marginalisation du Parlement depuis le début de la crise ont porté un très mauvais coup aux deux grandes institutions de l’Union, déjà mal en point. Enfin, la France aurait tort de croire qu’elle pourra restaurer sa crédibilité en collant en toutes circonstances à l’Allemagne. Cela ne trompe personne, et surtout pas les marchés. Vu de Pékin, de Brasília ou de Londres, l’Europe a surtout donné un
EDITORIAL
Fragile
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Publié le 05/11/2011 à 0h00
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