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Libération
Récit

De Beers perd ses bijoux de famille

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La dynastie Oppenheimer a dû céder à son co-actionnaire Anglo American sa part dans le capital du géant sud-africain du diamant.

Publié le 12/11/2011 à 0h00

Elle les croyait éternels, et pourtant la dynastie sud-africaine Oppenheimer a dû vendre ses précieux diamants. L’empire familial a cédé les actions de son entreprise De Beers à la multinationale Anglo American. De Beers était détenue à 40% par la famille Oppenheimer, à 45% par Anglo American et à 15% par le gouvernement du Botswana, premier pays producteur de diamants au monde. Désormais, Anglo American contrôlera 85% des parts, ou 75% si le Botswana accepte l’offre (assez décevante) de la compagnie minière.

Paternaliste. Si la nouvelle a surpris les marchés, le 4 novembre, la famille Oppenheimer, elle, s'y était préparée à contre-cœur. Le rachat marque la fin d'une décennie douloureuse pour les leaders mondiaux du diamant. La fin programmée d'un empire familial, traditionnel et paternaliste. Amer, l'ancien directeur des ventes de De Beers, Charles Wyndam, a commenté la nouvelle : «Espérons qu'Anglo American va enfin considérer le diamant comme un business, plutôt qu'un horrible petit club d'initiés.» Le géant minier Anglo American, «la grande pieuvre du capitalisme», comme l'avait surnommé l'ancien président ghanéen Kwame Nkrumah, veut se tailler la part belle dans le marché du luxe, valeur refuge en ces temps incertains. De Beers, son allié historique, lui tendait les bras.

Les deux compagnies ont une histoire fusionnelle. Ce n’est autre que Sir Ernest Oppenheimer, l’arrière-grand-père, juif d’origine allemande immigré en Afrique du Sud, q

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