«Mais qui est Nicky Oppenheimer ? avait demandé Julius Malema, président de la Ligue des jeunes de l'ANC (African National Congress, le parti au pouvoir). [L'ex-propriétaire de De Beers] n'a jamais été le représentant de notre peuple. Nos dirigeants politiques doivent reprendre à cette famille ce qui nous appartient.» C'était en 2010, alors que le jeune populiste lançait le débat sur la nationalisation des mines en Afrique du Sud. Jeudi, le gouvernement de l'ANC, son propre parti, le suspendait de ses fonctions pour cinq ans. Bien que la nationalisation des mines fût promise par le parti de Nelson Mandela à la fin de l'apartheid, la promesse a été vite étouffée devant les réalités économiques du pays. L'Afrique du Sud détient 90% des réserves mondiales de platine, 80% du manganèse, 47% de l'or… Des réserves considérables toujours aux mains de la minorité blanche.
La suspension de Malema au sein de l'ANC est, certes, une manœuvre politique pour permettre au président Jacob Zuma de se représenter pour un second mandat en 2012. Mais c'est aussi un signe fort pour rassurer les marchés. Nicky Oppenheimer, en cédant ses parts dans le groupe De Beers avait beau affirmer que ce n'était pas un signe de méfiance à l'égard du pays, les investisseurs restaient sceptiques. Le ministre des Entreprises publiques, Malusi Gigaba, l'avait lui-même déclaré à la veille de la commission de discipline du parti : «Nous savons que ce débat stérile et haineux sur la nationalisat




