«Aujourd'hui, on est là, et demain on restera !» Comme pour conjurer la purge sociale, une dizaine de syndicalistes, dont l'un masqué en Nicolas Sarkozy, sautent devant la porte du siège parisien de PSA Peugot Citroën, avenue de la Grande-Armée. Face à eux, plusieurs centaines de salariés attendent que les élus viennent rendre compte du comité central d'entreprise qui se tient à l'intérieur. Au menu : la répartition des 6 800 suppressions de postes en Europe annoncées le mois dernier.
Peu après 11 heures, le délégué CGT Jean-Pierre Mercier annonce le verdict. C'est un coup de massue : la France va encaisser l'essentiel de l'effort, avec 5 000 postes en moins d'ici à la fin 2012, dont 1 900 CDI, 800 intérimaires et 2 200 prestataires extérieurs. Le tout sans licenciement sec ni plan de départs volontaires. Cela ne console pas les syndicats, qui dénoncent le «harcèlement» de la direction pour provoquer des départs individuels. «C'est écœurant et révoltant. Il n'y a aucune raison aujourd'hui de supprimer des emplois chez PSA, qui a 11 milliards d'euros de liquidités», lâche Mercier.
Crise de la dette. Cette restructuration est doublement symbolique. C'est la première de cette ampleur depuis la récession de 2009. Signe que la crise de la dette rattrape l'économie réelle, en particulier la filière automobile (lire ci-contre). Surtout, c'est la première fois qu'un grand groupe frappe en priorité la recherche et développement (R&D)




