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La Chine découvre la gronde sociale

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Crise . Plus de 10 000 ouvriers en grève protestent contre la baisse des salaires et l’annonce de licenciements.

Publié le 28/11/2011 à 0h00

Chute spectaculaire des commandes dans les usines travaillant pour l’exportation, licenciements massifs en perspective, multiplication des grèves : les indices d’un important ralentissement de la croissance chinoise s’accumulent. Dans la province du Guangdong (sud-ouest), cœur de «l’atelier du monde» chinois, les exportations ont plongé de 9% en octobre, et ce n’est qu’un début.

Par voie de conséquence, les entreprises mettent la pression sur les ouvriers, lesquels commencent à se rebeller. Au cours des deux dernières semaines, plus de 10 000 d’entre eux se sont mis en grève. A Dongguan, 8 000 employés de Yue Yuen, une fabrique de chaussures sous-traitant pour Nike, Adidas et New Balance, ont cessé le travail mardi pour protester contre l’annonce de licenciements et une baisse de leurs salaires.

Ceux-ci sont payés mensuellement environ 1 500 yuans (178 euros) et peuvent monter à 2 500 yuans (296 euros) en rajoutant 30 heures de travail par semaine aux 44 heures légales - soit 74 heures hebdomadaires au total. Pour parer l’écroulement de la demande, qui se fait sentir depuis septembre, les entreprises réduisent ou suppriment le temps de travail supplémentaire, laissant aux employés un maigre salaire de base.

Les 8 000 ouvriers de Yue Yuen, qui se sont organisés en dépit de l'absence du droit de grève, sont descendus en masse jeudi dans les rues de Dongguan, où ils ont retourné de nombreux véhicules et attaqué la police. «On veut bien travailler, mais il faut nous donner asse

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