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Interview

«Il faut réorienter en faveur des PME les aides et la fiscalité»

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Michel Destot, député PS, spécialiste de la compétitivité des entreprises :

Publié le 14/12/2011 à 0h00

Michel Destot est maire (PS) de Grenoble et député de l'Isère. Créateur de Corys 10, start-up spécialisée dans la réalisation de simulateurs dans les domaines de l'énergie et des transports, il a publié, en septembre, à la Fondation Jean-Jaurès, un essai intitulé ETI (entreprises de taille intermédiaire) et PME : pour une innovation compétitive.

Le cas de Rossignol, qui a relocalisé en 2010 une partie de sa production de skis, est-il extrapolable à d’autres entreprises ?

Depuis son arrivée à la tête du groupe, en 2008, Bruno Cercley [le patron de Rossignol, ndlr] a mis l'accent sur la recherche et le développement. En 2011, Rossignol a déposé 15 brevets. En même temps, cette entreprise est un cas particulier. La main-d'œuvre ne compte que pour 20% du coût de la fabrication des skis. Sa clientèle se situe principalement en Europe. Comme le plastique, essentiellement issu du recyclage, technique dans laquelle les pays du Nord sont beaucoup plus avancés que les émergents.

Que pensez-vous de la politique du gouvernement en matière de réindustrialisation ?

Depuis 2002, la France a perdu 750 000 emplois industriels, dont 400 000 depuis 2007. Le dispositif Besson [d'aides à la réindustrialisation] a permis de développer 40 projets pour à peu près 400 millions d'euros et 2 000 emplois. Cela met le coût d'un emploi entre 200 000 et 230 000 euros. C'est cher payé sachant qu'en France le coût d'un emploi moyennement qualifié est de 40 000 euros par an.

Que préconisez-vous ?

Les clés de l’innovation se situent dans les petites et moyennes entreprises et industries (PME-PMI). Aujourd’hui, l’essentiel de la recherche et développement se fait dans les majors qui sont aidées en cela par le crédit

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