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Libération
Reportage

Guinée-Conakry : gant de velours pour mettre la main sur le fer

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La chute de la junte en 2010 a relancé la ruée vers le métal, dont le pays regorge. Dans le sud-est, les habitants espèrent beaucoup du projet du géant Rio Tinto.

ParFabien Offner
Envoyé spécial à Moribadou
Publié le 17/12/2011 à 0h00

Face au village de Moribadou se dresse une haute et longue muraille couleur chlorophylle qui aimante les nuages et les hommes. Les entrailles de la chaîne montagneuse de Simandou ont attiré dans cette région isolée du sud-est de la Guinée le groupe minier anglo-australien Rio Tinto. Et avec lui des centaines de chômeurs guinéens et des pays voisins. Dans les bars bricolés avec du bois et de la toile, «Simandou» est sur toutes les lèvres parfumées au café local, à la bière tiède et au gibier de brousse.

Bauxite. Le soir, des lumières éclairent les crêtes des montagnes pelées, qui perdront leur forme millénaire en quelques années. Les foreuses écrasent jour et nuit la coquille qui renferme la perle : plusieurs milliards de tonnes de fer, que Rio Tinto compte extraire à raison de 95 millions de tonnes par an. Les premières exportations, plus modestes, commenceront en 2015, après la construction d'un chemin de fer de 650 km de long et d'un port sur la côte Atlantique. Les deux gisements, Ouéléba et pic de Fon, de plus de 6 km de long et 1 km de large chacun, seront exploités à ciel ouvert.

L'élection d'Alpha Condé en 2010 et les promesses de bonne gouvernance ont relancé la ruée vers les minerais promise à ce pays gâté par la nature mais puni par ses dirigeants depuis son indépendance, en 1958. Un nouveau code minier, élaboré avec l'appui de l'Agence française de développement, a été adopté le 9 septembre par le Conseil national de transition. Transparence des con

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