Hausse des taux sur les dettes souveraines, impuissance européenne face à la crise et vague de plans de restriction budgétaire sont autant de facteurs qui ont fortement dégradé les perspectives de croissance de la zone euro. Au point que l’OFCE vient de livrer une nouvelle version de ses prévisions.
Pourquoi vos analyses de septembre sont-elles déjà obsolètes ?
A l’époque, nous faisions l’hypothèse d’un possible défaut partiel de la dette souveraine de la Grèce et d’une contagion récessive entre pays de la zone euro. Il ne s’agissait que d’hypothèses, pas d’une réalité effective et donc prise en compte dans nos calculs. Depuis, le défaut de la Grèce a été acté. Quant à la contagion, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Avec quelles conséquences ?
Une croissance de la zone euro atone en 2012 (0%). Une France en récession de 0,2% après 1,6% en 2011, un PIB italien en chute de 0,9%. Seule l’Allemagne sera positive de 0,4%. L’Europe a transformé la grande récession amorcée en 2008 en très grande récession.
Comment obtenez-vous de tels résultats ?
En combinant les politiques économiques qui font de la rigueur la seule thérapie anticrise. Au contraire, la crise va empirer. Nous sommes désormais pris dans une spirale infernale : le renchérissement du coût de la dette alourdit les charges d’intérêt, ce qui hypothèque la réduction des déficits et appelle des mesures restrictives supplémentaires pour rassurer les bailleurs. La restriction pèse alors sur l’activité et, en bout de course, creuse les déficits conjoncturels. A quoi les gouvernements, affolés par la résistance des déficits et la crainte d’une dégradation de leur note souveraine, répondent par plus de rigueur.
Que faire ?
Réviser les traités de manière à ce que la BCE devienne ce prêteur en dernier ressort des Etats en difficulté. Ce sera long. En attendant, les politiques doivent faire un geste : s’engager à modifier les traités pour faire reculer la peur du défaut




