Avis de tempête économique sur Air France -KLM. Selon le rapport réalisé début décembre par le cabinet Secafi pour le comité central d'entreprise (CCE), auquel Libération a eu accès, les comptes vont fortement virer au rouge cette année, et le groupe pourrait creuser davantage ses pertes en 2012. De quoi accentuer la pression sur le nouveau tandem dirigeant formé par Jean-Cyril Spinetta (PDG du groupe) et Alexandre de Juniac (patron d'Air France), qui va présenter en janvier le premier volet de son plan pour redresser la compagnie tricolore.
Air France-KLM a déjà révisé ses objectifs à la baisse, et annoncé 151 millions d’euros de perte d’exploitation entre janvier et septembre. Selon les prévisions de Secafi, ce résultat opérationnel devrait être négatif d’environ 300 millions sur l’année 2011, alors qu’il était positif de 28 millions sur l’année civile 2010 (1). La faute à la hausse des prix du pétrole et à la crise, qui oblige l’entreprise à baisser ses prix pour remplir ses avions.
Oxygène. Les perspectives pour 2012 sont pires encore. Si l'équation économique (coût du carburant, recette par passager, etc.) reste la même qu'actuellement, Air France-KLM afficherait des «pertes d'exploitation plus importantes qu'en 2011», qui dépasseraient les 500 millions d'euros. Ce chiffre est à prendre avec une grande prudence : il suffirait par exemple que le baril de pétrole baisse de 13% pour qu'Air France-KLM retrouve l'équilibre financier en 2012.




