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tribune

Quel gouvernement économique européen ?

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ParHenri Weber
député européen, secrétaire national adjoint à la mondialisation.
Publié le 03/01/2012 à 0h00

Pour redonner un second souffle à l'Europe, François Hollande propose un «pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance». On voit bien ce que désignent les deux premiers termes, un peu moins ce que recouvre le troisième. La «responsabilité» consiste à faire face à l'excès d'endettement qui frappe plusieurs pays européens, dont le nôtre, mais aussi à la récession. Les socialistes y répondent par une stratégie différenciée de sortie de crise : les Etats excédentaires du nord de l'UE relancent leur consommation et leurs investissements pour servir de locomotive à l'Europe ; les Etats surendettés adoptent une trajectoire pluriannuelle de retour à l'équilibre budgétaire. La «croissance» est recherchée par la mise en œuvre de politiques économiques communes - énergie, infrastructures… - financées par la Banque européenne d'investissement (BEI), les obligations européennes pour projets (europrojects) et de nouvelles ressources propres (taxes sur les transactions financières, carbone…). Mais la «gouvernance» ?

On est là au cœur de la crise : le principe de la décision à l’unanimité sur les questions qui fâchent fait de l’UE une «machine incapacitante». Dès le début, le PS (Pierre Bérégovoy en 1992) a demandé qu’il y ait un pilote dans l’avion : un gouvernement économique européen. C’était alors un mot tabou. Nul n’en conteste plus le principe, pas même Angela Merkel. Le débat porte désormais sur son périmètre, ses fonctions, son architecture institutionne

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