«Il faut voir cela comme une sorte de grande braderie», assure ce banquier d'affaires de Bank of America à New York. Depuis des semaines, de nombreuses sociétés financières et compagnies outre-Atlantique profitent ainsi de la crise de la dette pour faire des affaires en Europe, et racheter de nombreuses activités sur le Vieux Continent aux banques allemandes, espagnoles ou irlandaises. «Il y a soudain de jolis coups à faire de l'autre côté de l'Atlantique pour les firmes américaines et elles n'ont aucune raison de se priver. Si les banques européennes sont contraintes de céder certains de leurs actifs à des prix plus que compétitifs, alors d'autres vont les acheter. C'est la loi du marché, non ?» explique le banquier.
L’été dernier, par exemple, le groupe bancaire Capital One Financial a décidé d’acquérir pour 9 milliards de dollars (soit 7 milliards d’euros) les activités en ligne aux Etats-Unis de la banque néerlandaise ING, contrainte de se restructurer après avoir failli fermer ses portes. En novembre, Wells Fargo a acquis pour 3,3 milliards de dollars de prêts immobiliers contractés par des propriétés commerciales aux Etats-Unis à la défunte Anglo Irish Bank. Même Google s’y est mis. Le cador californien d’Internet, qui a ses quartiers généraux européens en Irlande, vient de mettre la main sur le plus grand immeuble commercial de Dublin, le Montevetro, qui appartenait à l’Agence nationale irlandaise de gestion d’actifs.
«Ruée vers l'or».




