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Libération

Un banquier central suisse pas très franc

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Devises . Le pays s’interroge sur un possible délit d’initié qui mettrait en cause Philipp Hildebrand et sa femme.

Publié le 06/01/2012 à 0h00

«Je n'étais pas au courant des transactions de mon épouse […], je ne démissionnerai pas.» Philipp Hildebrand, le patron de la Banque nationale suisse, tenait hier un point presse au siège de la BNS à Zurich. Depuis lundi, l'affaire secoue la place financière helvétique : l'épouse du gardien du franc suisse a acheté en août plusieurs centaines de milliers de dollars alors que le cours du billet vert était à un plus bas historique face à la devise helvétique. Quelques jours plus tard, la banque centrale intervenait sur le marché des changes par des achats massifs de dollars et d'euros pour lutter contre la surévaluation du franc. Résultat, une hausse de 20% des deux monnaies, et un joli bénéfice pour Kashya Hildebrand.

Couple. Heureux hasard ou délit d'initié ? La pression est intense sur le chef de la BNS, un des Suisses les plus en vue depuis que le franc fort est devenu l'un des thèmes politiques majeurs du pays. Rien n'aurait filtré sans l'intervention d'un employé de la Banque Sarasin, qui gère les avoirs du couple Hildebrand. Etonné par des mouvements de devises sur leur compte, il a transmis des fichiers qui ont terminé leur course dans les mains de Christoph Blocher, le leader du parti populiste UDC. Ce dernier s'est fait un plaisir, autant qu'un devoir, d'alerter le gouvernement fédéral, l'autorité de tutelle de la BNS.

La manipulation politique n’est pas exclue : l’UDC en veut à Hildebrand d’avoir dépensé, presque en pure perte, près de 25 mil

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